Les reparties de Nina

  Les reparties de Nina
....................................................
Lui.--- Ta poitrine sur ma poitrine,
Hein ? nous irions,
Ayant de l'air plein la narine,
Aux frais rayons

Du bon matin bleu, qui vous baigne
Du vin du jour ?...
Quand tout le bois frissonnant saigne
Muet d'amour

De chaque branche, gouttes vertes,
Des bourgeons clairs,
On sent dans les choses ouvertes
Frémir des chairs :

Tu plongerais dans la luzerne
Ton blanc peignoir,
Rosant à l'air ce bleu qui cerne
Ton grand oeil noir,

Amoureuse de la campagne,
Semant partout,
Comme une mousse de champagne,
Ton rire fou :

Riant à moi, brutal d'ivresse,
Qui te prendrais
Comme cela --- la belle tresse,
Oh ! --- qui boirais

Ton goût de framboise et de fraise,
Ô chair de fleur !
Riant au vent vif qui te baise
Comme un voleur,

Au rose églantier qui t'embête
Aimablement :
Riant surtout, ô folle tête,
A ton amant !...

....................................................

--- Ta poitrine sur ma poitrine
Mêlant nos voix
Lents, nous gagnerions la ravine,
Puis les grands bois !...

Puis comme une petite morte,
Le coeur pâmé,
Tu me dirais que je te porte,
L'oeil mi-fermé...

Je te porterais, palpitante,
Dans le sentier :
L'oiseau filerait son andante :
Au Noisetier

Je te parlerai dans ta bouche ;
J'irais, pressant
Ton corps, comme une enfant qu'on couche,
Ivre de sang

Qui coule, bleu, sous ta peau blanche
Aux tons rosés :
Et te parlant la langue franche...
Tiens !... --- que tu sais ...

Nos grands bois sentiraient la sève
Et le soleil
Sablerait d'or fin leur grand rêve
Vert et vermeil

....................................................




A compléter

# Online seit Donnerstag, 10. April, 2008 um 16:48

Geändert am Donnerstag, 10. April, 2008 um 16:59

"La beauté n'est que la promesse du bonheur" (Stendhal)

 "La beauté n'est que la promesse du bonheur" (Stendhal)
Sans fards et sans tabous, elle parle de son enfance et de ses blessures, de l'amour et du mariage, du temps qui passe, de son physique et de son image. Avec une bouleversante sincérité. Photos Sylvie Lancrenon. Propos recueillis par Valérie Toranian.



ELLE. Cinq ans après la fameuse couverture culte de ELLE où vous posiez nue, de nouveau vous décidez de jouer le jeu de la vérité, de tomber les masques, de vous montrer telle que vous êtes.

Emmanuelle Béart. Cette couverture a pris une importance totalement disproportionnée dans ma vie. A l'époque, on ne me parlait plus que de ça ! Et, cinq ans après, que ça soit en France ou à l'étranger, je dois continuer à expliquer la genèse de cette photo. C'est devenu encombrant... Parce que, entre temps, mon corps a changé, ma tête a changé, ma nature a changé. Et je me suis dit : repartons, essayons d'avoir l'audace d'aller effectivement au plus près de ce que je peux être aujourd'hui. Ma relation avec la photographe Sylvie Lancrenon est totalement unique : avec elle, je suis plus abandonnée que je ne peux l'être dans la vie. Son regard me protège. Il n'est jamais impudique. Donc, elle peut m'emmener très loin.

ELLE. Comment, avec le recul, expliquez-vous l'impact de cette couverture ?

E.B. Cette couverture était ronde et pleine, elle a évoqué une forme de plénitude de la femme. Elle a donné matière à discussion et puis à fantasmes... Les commentaires les plus forts et les plus positifs étaient ceux des femmes, à cause, je crois, de la rondeur ! Un critère qu'on ne montre pas beaucoup.

ELLE. Vous étiez provocante...

E.B. Ce n'était pas de la provocation. Ni non plus de l'exhibition. A l'époque, je me suis reconnue dans cette femme-là. C'était moi. Je ne trouvais ça ni vulgaire, ni impudique, ni obscène, ni provocant.

ELLE. C'est une force de se sentir belle ?

E.B. J'ai attendu trente-deux ans pour me sentir belle ! Dans ma tête, pendant des années, je suis restée la petite fille au nez en trompette avec des taches de rousseur : les photos me semblaient tellement mieux que ce que j'étais en réalité. C'était un miracle de faire la une des magazines ! Sur les images, j'avais l'impression d'être un fantasme de femme, une femme irréelle, détachée de moi, mais le jeu n'était pas déplaisant. Longtemps, j'ai préféré mon image à mon personnage...

ELLE. Est-ce que ça ne fausse pas tout, cette construction de l'image ?

E.B. C'est l'entourage qui fait vivre ça, qui pousse à ça. J'ai débarqué dans cet univers médiatique, j'avais 18 ans, je venais de passer mon bac et de faire « Manon des sources ». J'ai fait vingt couvertures avec Manon. Les gens décidaient pour moi : je devais être « la jolie », l'innocente, la gentille. Mais je ne me sentais pas du tout comme ça !

ELLE. Vous ne vous sentiez pas une gentille ?

E.B. Si... Etre gentille, c'est dans ma nature. Gentille dans le sens où l'idée de faire du mal à quelqu'un me fait très mal. Mais pas charmante. Quand on me disait gentille, charmante, délicieuse... je me disais : « Mais de qui parle-t-on ? » Mais, bon, vous laissez faire. Car, au début, on se laisse guider. On vous conduit par la main, doucement, vers un personnage redessiné, réinventé. Tu te dis : « Tiens, j'aurais aimé être comme ça. » L'image te plaît, tu la cultives et, là, tu commences à corriger les défauts, tu commences à contrôler.

ELLE. Vous vous êtes surprise à dire des choses fausses sur vous ?

E.B. Ce n'étaient pas vraiment des mensonges. Tu brodes, tu imagines, tu fantasmes. Tu inventes un passé harmonieux qui explique pourquoi tu as l'air bien. Pourquoi tu es belle sur les photos. Au bout d'un moment, tu commences à être mal à l'aise avec ces inventions, cette harmonie. Et, en même temps, tu sais pourquoi tu l'as fait. Pour protéger, pour ne pas faire de mal.

ELLE. Pour ne pas faire de mal à vos parents ?

E.B. Oui, pour ne pas faire de mal à mes parents, à mes frères et soeurs. Parce qu'il y a certaines choses de mon enfance que je ne peux pas dire. Parce que, justement, tout n'était pas harmonieux.

ELLE. Aujourd'hui, vous pouvez en parler ?

E.B. Dans mon enfance, il y a une blessure de chair. Inguérissable. Je n'en dirai pas plus. Et puis, comme c'est souvent le cas lorsqu'on est enfant, au lieu de me sentir victime, je me sentais coupable... Mais j'ai avancé grâce à beaucoup de rencontres, et au travail. Je ne crois qu'au travail. Qu'à l'aboutissement dû au travail. Et je me rends compte que ce que mon éducation m'a donné, c'est la possibilité d'aller vers les autres, ce contact humain qui nous façonne et nous fait progresser. Lorsque je me suis engagée pour l'Unicef, on m'a posé plein de questions. Quel besoin avais-je de m'engager ? Pourquoi je ne faisais pas gentiment mon travail de comédienne sans me mêler du reste ? Moi, je savais pourquoi j'étais là. Réparer l'enfance, ce n'est pas un acte d'altruisme. Avoir la sensation d'aider à soigner des blessures, c'est avoir la sensation de soigner les siennes. Je sais à quel point la souffrance d'un enfant me touche personnellement. Je suis capable de l'entendre. Voilà pourquoi je me suis dirigée vers les enfants. Ce n'est pas qu'un acte altruiste : dans la réparation de l'autre, il y a sa propre réparation.

ELLE. Vous avez fait un travail psychanalytique ?

E.B. Je n'ai jamais eu le courage de faire une psychanalyse. J'ai essayé souvent. Mais, très vite, j'abandonne, j'ai peur de me priver d'une partie de moi-même. Je suis ce que je suis, j'ai marché comme ça, j'ai fonctionné comme ça. J'ai appris à construire, à donner la vie. Je tiens debout. J'ai aujourd'hui une considération pour la femme que je suis devenue. C'est un équilibre fragile. Et, à chaque fois que j'ai senti qu'il fallait remettre en question cette femme là que je connais, qui me rassure, et qui rassure les autres, j'ai eu peur de re-boiter. J'aurais tellement aimé croiser quelqu'un à 20 ans qui me dise : « Tu n'as pas le choix. Tu dois y aller.» Mais j'avais d'autres urgences : construire la cellule familiale, fonder un foyer, mettre des pierres, un toit. Me mettre à l'abri.

ELLE. Petite, vous ne vous sentiez pas à l'abri ?

E.B. Non. J'ai grandi avec mes frères et soeurs dans une structure sans aucun doute passionnante mais pas rassurante. Passionnante, parce qu'il y avait des combats, de la générosité, des idéaux, de l'humanité.

ELLE. L'héritage de votre mère ?

E.B. Oui, c'était une communiste engagée. On participait. On collait les affiches. On assistait à des réunions.

ELLE. A quel âge ?

E.B. A 8 ans, j'ai dû coller mes premières affiches ! J'ai une mère qui a passé beaucoup de sa vie avec les autres. Elle avait une association qui s'appelait Réflexe solidarité. Elle s'occupait aussi des Restos du coeur. On a grandi dans la compassion, l'empathie. Je suis l'aînée de cinq enfants, et j'ai grandi en faisant grandir les autres. L'urgence, c'était d'être responsable. L'urgence, c'était de ne pas faire tomber le petit frère, de savoir lui donner le biberon. Et, aujourd'hui, c'est un lien formidable entre nous.

ELLE. Vous auriez aimé avoir une éducation plus classique ?

E.B. Evidemment ! Je rêvais d'avoir une mère comme celles de mes copines. C'était mon fantasme. Je voulais une vie normale. Une vie bien rangée où on n'est pas en décalage, où on ne roule pas en 2 CV, où les hommes n'ont pas les cheveux longs avec une barbe jusqu'au nombril. Je voulais être Mme Tout-le-Monde ! Maintenant, quand j'y repense, c'était beaucoup de chaleur humaine. Certes, il y avait des coupures de courant, mais on allumait les bougies et c'était gai. Même si je me suis juré que, plus tard, on ne me couperait jamais ni l'électricité ni le téléphone ! Ce qui faisait du mal, c'était le regard des autres. Je ne pardonne pas au système scolaire de l'époque qui nous demandait pourquoi on n'avait pas payé la cantine. Comme si la réponse n'était pas évidente... D'ailleurs, je me suis fait virer de tous les CES où j'étais parce que je me braquais, je provoquais, je devenais violente. J'étais une enfant extrêmement solitaire, complexée, timide. Mais, quand je sortais de cette timidité, ma violence était insensée. Brusquement, je devenais l'héroïne. Celle qui brave l'autorité professorale, qui était pour nous l'autorité absolue. Et je ressentais une satisfaction à être virée.

ELLE. Cette blessure dans la chair, vous l'avez dépassée ?

E.B. Il fallait qu'il y ait une réconciliation. Et elle ne pouvait passer que par le corps.

ELLE. Pour apprendre à l'aimer, à le respecter ?

E.B. Oui, à le respecter.

ELLE. C'est ce que vous avez cherché à travers toutes vos photos ?

E.B. Je cherche. Mais je ne pense pas que je trouve. Je suis comme une spectatrice. Je me regarde comme une étrangère. Une étrangère photogénique.

ELLE. Vous avez eu conscience très vite de votre pouvoir érotique ?

E.B. Je savais qu'il y avait en moi une énergie sexuelle créatrice, et je m'en suis servie. Et, si je ne m'en étais pas servie, elle m'aurait brûlée. C'est comme une énergie solaire avec laquelle je dois travailler...Et ça n'échappait pas aux metteurs en scène : ils vous regardent et ils savent. Cette énergie sexuelle, ils l'exploitent pour leurs films et, toi, ils te délivrent.

ELLE. Une actrice belle, sexy, qui dégage une vraie sensualité et qui en joue dans ses films, c'est une définition qui vous convient ?

E.B. C'est vrai en ce qui concerne la comédienne, c'est vrai quand je joue. La vraie vie, c'est autre chose. Passé un cap, je me suis dit : « Il faut que je réfléchisse plus sérieusement à ce que je fais, ou je reste cette femme qui fait des couvertures et qui n'a rien à voir avec moi ou de moins en moins, et je m'enferme. Ou j'essaie de me rapprocher de quelque chose qui me ressemble. » Et je n'ai pas encore fait de choix ! J'adore être ultra glamour. Et j'adore aussi être moi, sans apprêt, et aller vers les gens sans lunettes noires, sans chapeau. Et si les gens sont un peu déçus dans la rue parce que je parais plus petite ou plus vieille... eh bien tant pis.

ELLE. Dans cette série de photos, on a fait le pari de vous montrer la plupart du temps sans maquillage. Sans être apprêtée. Et sans retouches.

E.B. Je trouve que c'est beaucoup plus esthétique comme ça. Plus beau qu'une photo retouchée, sophistiquée. Aujourd'hui, c'est comme ça que je me trouve plus jolie. C'est ce que la photographe Sylvie Lancrenon a su capter de moi. Je n'ai plus ce fantasme de perfection. C'est dépassé.

ELLE. Vous avez 42 ans, l'âge, c'est une vraie angoisse pour vous ?

E.B. Il y a eu une étape dans ma vie. Pas à 40 ans, à 35 : je me sentais jeune, je dirais même que je commençais à peine à me trouver belle parce que j'ai mis beaucoup de temps à m'aimer et, soudain, tout le monde me demandait si je n'avais pas peur de vieillir ! Et, dès qu'on vous pose la question, c'est foutu : bien sûr, j'avais peur de vieillir. Alors, tu anticipes, tu imagines. Au lieu d'avoir une vision globale de toi, tu commences à regarder tous les détails. Tu finirais presque par t'acheter un miroir grossissant comme ceux des hôtels où on a toujours l'air monstrueux. Et puis, on te parle de ce cap de la quarantaine. Tu ne fais plus partie des jeunes. Tu ne fais pas partie des vieux non plus, mais on ne sait plus où te mettre. Bien sûr tu es jolie, mais tu ne l'es pas autant que lorsque tu étais jeune. J'ai entendu des réflexions comme ça : « On cherche quelqu'un comme toi mais avec dix ans de moins. » Tu sens bien qu'il va falloir laisser la place... Et tu t'interroges. Tu vois autour de toi les peelings, le Botox. Tu commences à t'intéresser à tout ça. C'est une drôle de période. Car, physiquement, tu es toujours jeune, mais, dans ta tête, tu ne l'es déjà plus ! Tu te dis : ça va être l'enfer, je vais avoir 40 ans, je ne vais plus travailler, je ne vais plus pouvoir faire d'enfants...Et, finalement, quand je suis arrivée à 40 ans, j'avais beaucoup moins peur qu'à 35.

ELLE. Qu'est-ce qui vous a rassurée ?

E.B. Le regard de mes enfants, de mon homme, de ma famille. C'est idiot, mais j'adore cette phrase : « Je te trouve plus belle qu'avant ». Oui, je me trouve plus belle qu'avant et tellement mieux dans ma peau qu'à 20 ans.

ELLE. Vous avez modifié des choses sur votre visage ?

E.B. Moi, c'est très simple, la grosse bêtise je l'ai faite très jeune. Je me suis fait refaire la bouche à 27 ans.

ELLE. Pourquoi ?

E.B. Tout a commencé quand j'avais 19 ans. Au cours d'un dîner, le metteur en scène Georges Wilson prononce cette phrase : « Toutes les actrices qui ont réussi avaient une grande bouche. » Le genre de phrase absurde qu'on dit avec légèreté au détour d'une conversation mais qui, moi, m'avait frappée et qui a commencé à faire son chemin dans ma tête. Quelques années plus tard, une esthéticienne m'a dit : « C'est dommage cette dysharmonie entre la bouche et le reste du visage si joli. Si vous voulez, je connais quelqu'un qui pourrait réharmoniser l'ensemble. » A l'époque, j'avais des crises d'herpès qui m'avaient abîmé le contour des lèvres. Elle m'a conseillé un docteur qui, selon elle, pouvait réparer. Ce n'était pas encore la mode des grosses bouches. Je me suis donc retrouvée, à 27 ans, à vouloir corriger un côté. Et puis, l'autre côté n'étant pas raccord, il a fallu rectifier l'autre côté. Et puis, c'était mieux de toucher un peu plus en haut... Et voilà. La technique de ce médecin, qui depuis a été rayé de l'Ordre, n'était pas au point comme elle peut l'être aujourd'hui. Mais ce qui était terrible, c'est que moi j'étais drôlement contente. C'est les autres qui n'étaient pas contents !

ELLE. Vous aimiez votre nouvelle bouche ?

E.B. Oui, je me suis dit : c'est tellement mieux, pourquoi je n'y ai pas pensé avant, c'est exactement ça qui me manquait. Puis, j'ai enchaîné, j'ai fait « Une femme française ». Et ça s'est vu. Et, d'un coup, j'ai pris une flopée d'injures et de méchancetés en pleine figure. J'avais l'impression d'avoir commis un crime, alors que, dans le fond, si j'avais fait du mal à quelqu'un, c'était bien à moi-même. Mais, moi, je m'étais fait du bien ! J'étais contente ! Et, aujourd'hui, si on me dit ce n'est pas ta bouche, je réponds bien sûr que c'est ma bouche ! Maintenant, la technique est moins excessive, mais l'excessif ne me déplaisait pas...

ELLE. Comment réagissaient vos fiancés ?

E.B. A l'époque, j'étais avec un homme formidable et il savait que ça venait d'un manque...

ELLE. Le terme en esthétique, c'est comblement des rides. On comble un manque ?

E.B. Mais, bien sûr, si tu fais ça, c'est que tu as un manque. Quand, dans un dîner, quelqu'un ose faire des commentaires déplacés sur Unetelle qui a fait ceci ou cela, je quitte la table.

ELLE. Pourquoi, c'est un sujet tabou ?

E.B. Non. En ce qui me concerne, je n'en avais jamais parlé avant. Pas parce que je n'assumais pas. Tout simplement parce que je n'imaginais pas devoir m'expliquer. Finalement, je trouve ça bien d'en parler. Mais, pour en revenir aux jugements qu'on porte sur celles qui ont recours à la chirurgie, je ne les supporte pas, tout simplement parce que ça fait du mal à la personne. Si elle l'a fait, c'est parce qu'elle ressentait un manque, qu'elle ne se sentait pas belle. C'est son intimité. Personne publique, ça ne veut pas dire que tu appartiens aux autres, que tu n'as rien le droit de changer chez toi. Publique, ça veut dire que les gens te connaissent, que tu as une relation particulière avec eux, et qu'ils s'attachent à toi avec le temps. J'aimerais qu'ils s'attachent autant à nos défauts et à nos faiblesses qu'à nos qualités. Mais on ne prend pas un revolver pour assassiner quelqu'un qui s'est fait du Botox ! Et, dans la chirurgie esthétique, ce n'est pas l'acte qui est important, c'est ce qu'il déclenche. Parce que, après, si tu te sens mieux avec toi, tu te sens mieux avec les autres. C'est ce qui m'est arrivé.

ELLE. Vous ne regrettez rien ?

E.B. La médisance oui, la chirurgie non ! D'ailleurs, j'ai bien conscience que j'aurais pu être une victime idéale. A l'époque, on m'aurait proposé de tout refaire, j'aurais été capable de dire oui.

ELLE. Tout !? Comment ça ?

E.B. Par exemple, j'ai un nez en trompette. Si on m'avait dit : tu seras mieux avec un nez à la Cléopâtre, j'aurais été capable de dire d'accord ! J'étais mal avec moi, je ne m'aimais pas, je voulais changer. Je voulais être une autre. En même temps suis-je blâmable pour ça ?

ELLE. Vous êtes très mince et, en même temps, vous avez des rondeurs...

E.B. J'aime le poids, j'aime les femmes rondes. Par exemple, j'ai adoré être enceinte. J'étais exactement comme je voulais être. Je faisais 115 de poitrine, je me trouvais très bien.

ELLE. Vous fumez, vous n'avez pas peur pour votre santé, votre peau ?

E.B. Je rêve d'arrêter de fumer, mais c'est dur, je fume depuis le CES de Cogolin. Je me fous de ma peau, mais je ne me fous pas de mes poumons ni de ceux des autres. Je n'aime pas la stigmatisation des fumeurs, car on devrait être pris en charge comme les alcooliques ; on est intoxiqués.

ELLE. Vous pensez avoir recours à d'autres traitements esthétiques ?

E.B. Pour l'instant non, mais je ne veux rien affirmer de définitif.

ELLE. Le regard de l'homme qui vous aime, c'est important pour s'accepter, s'aimer ?

E.B. L'avantage, c'est que l'homme qui t'aime te voit te réveiller le matin, il fait partie de ton quotidien, il n'est pas dupe. On est dans la réalité. On n'est pas dans le fantasme des photos. Et il a ce regard qui te réconforte, qui te fait penser, pourquoi changer quelque chose puisque je lui plais...

ELLE. Sur les photos, on vous voit abandonnée auprès d'un homme.

E.B. Les hommes que j'ai aimés ont une place très importante dans ma vie. J'ai eu la chance d'en connaître quatre formidables. Ce rapport à l'homme que j'aime, il est à la fois précieux, secret et fondamental. C'est ce que représente la photo.

ELLE. Des rumeurs ont couru pour dire que vous alliez épouser le comédien Michaël Cohen, l'homme qui partage votre vie. Est-ce vrai ?

E.B. C'est encore un point d'interrogation. J'ai besoin de comprendre pourquoi j'ai envie de me marier. Je n'ai pas la réponse. Est-ce que c'est parce que j'ai compris que c'est incroyable d'avoir pu aimer quatre hommes ? Ou parce que je ne pensais plus que ça m'arriverait avec le sentiment de la première fois, avec la naïveté, la violence des premières fois ?

ELLE. Le mariage, c'est un acte symbolique important ?

E.B. Je n'ai été élevée dans aucune religion. Mais j'ai des saints qui me protègent. Il y a une lumière qui me protège. C'est ma grand-mère qui m'a inculqué ça. C'est pour ça que me marier à l'église me plairait mieux. La mairie, je trouve ça réducteur. Ce n'est pas gai, ça manque un peu de spiritualité... Se marier, c'est aussi déposer ses valises. Dire oui. Un oui conscient. Mais je ne sais pas si j'oserai !

ELLE. Qu'est-ce qui pourrait vous faire peur dans l'idée de vous marier ?

E.B. C'est de ne pas être assez à la hauteur au quotidien. Ce n'est pas le mariage, mais la vie de tous les jours.

ELLE. Vous êtes une amoureuse passionnée ?

E.B. C'est le moins qu'on puisse dire...

ELLE. Une femme jalouse ?

E.B. Oui, mais ça se travaille... J'essaie de progresser !

ELLE. La fidélité réciproque est une valeur importante ?

E.B. Je ne demanderai pas plus à l'autre que ce que je peux lui donner moi-même. La fidélité a un aspect effrayant. Est-ce que ça existe de n'aimer qu'un corps, de ne pas s'en lasser ? Je n'ai pas ces réponses. Et pourtant, j'ai vécu onze ans avec un homme et je ne m'en suis jamais lassée. Mais l'anticipation me fait peur. En tout cas, la fidélité fait partie des idéaux. Avec l'âge que j'ai, je n'ai plus besoin d'être dans la séduction. L'idée de la trahison est quelque chose qui me blesse.

ELLE. Vous êtes très exigeante en amour ?

E.B. J'aimerais faire de chaque jour un jour merveilleux, mais, la plupart du temps, les jours passent sans rien de particulier ! Mais c'est peut-être ça qui est le plus beau. J'adore me brosser les dents avec lui, le voir le matin les yeux ensommeillés, me glisser dans le lit quand j'ai froid...

ELLE. Vous souhaiteriez avoir un enfant avec l'homme que vous aimez ?

E.B. Je me suis toujours dit que j'aurais deux enfants et que j'en adopterais un troisième.

ELLE. Pourquoi adopter ?

E.B. J'aime bien cette idée, mais je sais que c'est difficile et je sais aussi que, comme il y a très peu d'enfants français adoptables, il faut aller à l'étranger et donc déraciner un enfant. Est-ce qu'on peut s'arroger le droit de déraciner un enfant ? J'ai une famille de bric et de broc, avec beaucoup de déracinés, je connais cette nostalgie, je l'ai entendue toute mon enfance, « nous ne sommes pas d'ici »...

ELLE. C'est important d'être en couple pour adopter ?

E.B. Oui. Pour moi, l'importance du père, c'est sacré. Sûrement à cause du mien, un homme formidable, qui m'a transmis beaucoup. J'ai vécu, comme disait Goldman, à l'époque où les femmes faisaient des enfants toutes seules et les éduquaient seules aussi. Moi, au contraire, je suis fière d'avoir fait des enfants avec ces hommes-là.

ELLE. On vous a vue récemment défendre le droit au logement rue de la Banque. Vous avez envie de continuer à vous engager en politique ?

E.B. J'ai toujours eu des engagements d'aussi loin que je me souvienne, y compris quand j'étais une parfaite inconnue. J'habite en France, j'y paie mes impôts, c'est mon droit et mon devoir de citoyenne française. Mon implication dans l'Unicef auprès des enfants m'a vraiment permis de travailler sur le long terme avec des sujets lourds. Pendant la campagne électorale, j'ai soutenu Ségolène Royal. Avec des doutes, des désaccords et des interrogations. Mais je crois toujours en elle, et je pense que son chemin n'est pas terminé. Concernant la rue de la Banque, il faut rappeler que j'ai vécu personnellement, quand j'étais jeune, l'expulsion de ma mère et de mes frères et soeurs à 6 h du matin par un commissaire ! Et je ne suis pas près de l'oublier. C'est une question qui me touche et la détresse de ces familles expulsées ou jetées en pâture aux marchands de sommeil me révolte.

# Online seit Montag, 31. März, 2008 um 11:27

Geändert am Montag, 07. April, 2008 um 12:29

Un jour, mon art sera reconnu de tous

Un jour, mon art sera reconnu de tous

# Online seit Samstag, 29. März, 2008 um 18:10

Topic débat : l'AmourS

Topic débat : l'AmourS
"orelien, penses tu qu'on puisse aimer deux personnes en même temps??
puis les tromper toutes les deux? (lune avec lautre et les deux av une autre)" [Cf Coralie]



Bon voilà, depuis pas mal de temps je me pose cette question, et donc vu que Coralie l'a mise en commentaire, bah j'en ai profité pour en faire un article entier.
Moi, comme je l'ai souvent dit, je ne suis pas sûr qu'il y'ait une frontière réelle entre l'amour et l'amitié (si si y'a un rapport). Je ne vois pas ce qui peut différencier les deux, ce sont des mots qui ont été inventés pour éteindre les désirs "polygames" des gens, notamment pour des raisons religieuses et culturelles. Posez vous la question, où est la différence ? Dans votre tête, mais si on peut pas expliquer les choses, c'est peut être tout simplement parce que ça existe pas. Certains répondront que la différence, c'est le sexe. Mais alors dans ce cas, les gens qui se marient sans avoir fait l'amour, on est pas sur qu'ils s'aiment ? D'autres diront qu'on apprécit un ami, que c'est un confident, quelqu'un avec qui on rigole ... C'est vrai que c'est vraiment impossible de rigoler avec quelqu'un dont on est amoureux ...

Enfin bon, tout ça pour dire que je suis pas sur que y'ait de différences entre l'amour et l'amitié. Et donc, à partir de là, oui evidemment, on peut aimer plusieurs personnes étant donné qu'on peut avoir plusieurs amis. En fait c'est pas "on peut" aimer, c'est qu'on aime, forcément, qu'on le veuille ou pas, que ce soit conscient ou inconscient, on aime plusieurs personnes c'est sûr ! C'est pour ça que si on réfléchit, les mots homo et hétéro et bi ça existe pas, c'est débile, pareil pour polygame et monogame. Y'a pas de règle dans l'amour et c'est nul de chercher à faire des lois là dessus.
Après bon, y'a le problème de la fidélité. Mais ça aussi, je trouve ça nul de prétendre pouvoir suffire à une personne, et inversement, c'est naif de croire qu'on peut être le plus heureux possible avec une seule fille. Attention, je dis pas qu'il faut tromper ou trahir, surtout pas. Mais ce qu'il faut faire, c'est ne pas interdire, laisser à son ou ses partenaires la liberté de satisfaire leurs pulsions (puisqu'elles ne font de mal à personne) ou leur curiosité.
Bon là je sais qu'il y'en a qui vont dire que si, ça peut faire du mal parce qu'il y'a la jalousie. Mais la jalousie, c'est quoi ? C'est de la peur ! Tout simplement, et le fait d'accorder plus d'importance à un sentiment de peur qu'à un sentiment d'amour, c'est grave. Symboliquement, je pense que c'est destructeur, ça veut dire que par crainte d'être malheureux, on recherche plus le bonheur, ou bien on se contente d'un bonheur approximatif quoi ... Mais bon, moi même jsuis pas sur de savoir appliquer les règles que je défend.

Tout ça pour dire que, d'accord ou pas avec ces idées là, je crois qu'on devrait légaliser le concubinage à plusieurs, faire au moins des règles pour les succesions ou autres.



j'ai décidé de mettre les commentaires directement sur l'article, pour que les gens les lisent plus facilement :


Coralie la cruche, Posté le mardi 01 avril 2008 18:21

Lionel tu pourrais essayé de répondre à l'article précédent car sa m'interresse! et si tout le monde pouvait y répondre ec serait gentil !!

[J'ai déplacé son commentaire car elle l'avait mit n'importe où]


coralie080689, Posté le mardi 01 avril 2008 19:33

le commentaire va a larticle du dessous!
il a utilisé mes paroles mais il les a déplacé cè intolérable! tu portes atteinte à ma liberté d'expression!!



Barbara, Posté le mardi 01 avril 2008 19:42

Certes, tu as des ami(e)s, et je pense que tu es sûr de cette amitié, mais est - tu vraiment certain d'avoir déjà aimé quelqu'un (d'amour j'entend) ?
Peut-être que la question n'est pas la bonne, peut-être que, tout simplement, tu ne peux pas l'expliquer car tu ne sais pas totalement de quoi tu parle. tu ne t'es pas posé la question??

Quant à la question sur la légalisation du concubinage à plusieurs, je suis pas dac... je pense que les gens et les mentalités ne sont pas assez évolués pour autoriser ce genre de chose. A l'heure d'aujourd'hui en tout cas...

Biz



Lionel Kokobenko, Posté le mardi 01 avril 2008 20:41

Hum heum...c'est bon, ne vous battez pas, j'accepte de vous éclairer de ma parole divine (placez les offrandes à gauche du clavier, là, voilà, et maintenant en levant les deux mains répétez après moi "Lionel est mon seul Dieu, et Lionel est son seul Prophète") heu bon.

Déjà je suis d'accord avec toi Aurélien lorsque tu affirmes qu'il n'y a pas de véritable frontière entre amour et amitié si tu ne parles qu'en terme d'Amour (avec un grand A, celui qui rapproche toutes individus, à tout les degrés, et cette distinction apparaît essentielle !). Mais bien sûr force est de constater que la société dans laquelle on vit a placé une barrière relativement nette entre les deux. Si tu es reconnu comme amoureux, tu peux rouler une pelle à ta copine, sinon bah non (quant à sa "légalisation" gnhuhumm).
Et puis surtout... ben c'est le sexe qui fait le différence, et c'est pour cela que l'institution du mariage a été considéré un certain temps comme sacré (examine la contradiction), capital dans de nombreuses cultures. Tu dis "les gens qui se marient sans avoir fait l'amour, on est pas sur qu'ils s'aiment ? ". En effet, on est pas sûr qu'ils s'aiment vraiment. Mais du temps où cela se faisait on s'en foutait un peu. Mais on évitera de déborder sur la réflexion sur le mariage, qui est tout un sujet en soi.

Ok pour oublier, ou tout du moins astreindre l'utilisation des mots hétéro, homo ou bi qui tente de mettre des étiquettes ad aeternam sur des orientations qui peuvent s'avérer changeantes (quoi de plus inconstant que les sentiments ?).
Quant aux notions de fidélité et de jalousie, qu'on le veuille ou non celles-ci sont bien en train de changer actuellement, mais je crois comprendre qu'il s'agissait du centre de la question de Coralie. Je me suis toujours dit que l'idéal amoureux, c'était d'aimer tellement son partenaire au point de vouloir qu'il n'est pas besoin de nous, c'est à dire qu'il n'ait pas de dépendance vis à vis de notre personne. En ce sens là, si l'on aime vraiment quelqu'un, l'on devrait tout au moins accepter qu'il n'ait pas un devoir à rendre vis à vis de notre amour, et donc une certaine fidélité.

Alors après, allez expliquer ça au gars du coin... Si vous avez cette conception de l'amour, soit vous devez trouver quelqu'un qui la partage (et il n'y en a quand même pas 40 milliards), soit vous accepter de vous plier, au moins en partie, à l'exigence de votre partenaire (et vous en profiter peu à peu pour le convaincre et le faire réfléchir sur la plus haute notion de l'amour qu'il pourrait avoir).

Enfin je suis d'accord avec Aurélien lorsqu'il dit que la jalousie traduit une peur. Il me semble que c'est exactement ça. Quant à la "légalisation" du concubinage, je mets légalisation entre guillemets car après tout rien ne l'empêche alors j'imagine qu'il s'agit juste d'une demande de reconnaissance devant la société, je répète ce que j'ai dit précédemment, sur le fait que là le sexe rentre en jeu, et que ce n'est pas un fait mineur !
Déjà demandons nous tout simplement pourquoi il n'y a quand même pas plus de couples pluriels, tout comme il y aurait par exemple des couples homosexuels. Alors ok il y a le poids culturel et de la société et patati... Mais tout de même, est-ce que ce ne serait pas tout simplement parce que la plupart des gens se satisfont relativement bien d'une seule personne, d'une part, et d'autre part ne se considère pas capable de satisfaire amoureusement ET sexuellement plusieurs individus ?
Rien ne nous empêche par exemple de créer du concubinage sans sexe. Ca s'appelle la famille (la relation entre les parents étant l'exception).

PS : j'adore ton tableau, on voit vraiment que l'ange a pris son pied toute la nuit...



Aurélien le 02/04/2008 à 18:44

Lionel tu développes trop et du coup personne lit ! ^^ [CE COMMENTAIRE EST A PRENDRE AVEC HUMOUR]


CHARLENE :

ce ki a de certain c'est que jamais je ne coucherai ou me marierai avec marvin! lol
nan pour etr plus sérieuse , la distintion on la fait, mem si c'est pas facile à expliquer, évidemment que l'amitié c'est de l'amour mais après tu sais que pour certain ce ne sera pas autr chose qu'une amitié, parskil est tout bonnement inconcevable de construir quelque chose qui ressemble a une vie de couple avec eux! tout simplement parce que tu ne les voient pas comme ça.
Par là j'entend kil y a 2 types d'amitiés pour ma part, celles qui avec le temps pourraient peut-etr déboucher sur un amour ou une relation car il s'agit plus d'un amour conjugal qu'on porte à ces personnes, et celles à qui on porte un amour plus fraternel avec qui il ne pourrait donc rien se passer.

sur ce j'arrète pask tt lmonde sait ke personne ne lis les coms trop long, et puis de toute façon tu connai mon point de vue sur la polygamie, l'infidélité sexuelle partagée (ou pluto liberté sexuelle) a ne ps confondre avec l'infidélité du coeur et la trahison, et la non existence d'hétéro ou d'homo...


# Online seit Samstag, 29. März, 2008 um 12:05

Geändert am Montag, 07. April, 2008 um 12:25

GRAND JEU : Retrouver les hamsters

GRAND JEU : Retrouver les hamsters
Voilà, j'ai décidé d'organiser un énorme jeu qui va probablement attirer le monde entier sur mon blog !

Le but ? Retrouver les défunts hamsters de Lauren que j'ai camouflé dans mon blog. Celui qui gagnera ne le regrettera pas ! Alors n'attendez plus,

Cherchez !






Indice : Ils sont deux, et se trouvent sur les deuxième pages


INDICE n°2 : zehcrehc snad el etxet







Le premier hamster a été découvert par Lauren

Plus qu'un à trouver !

Dépêchez-vous !

Pour info, celui qui a été trouvé était sur la photo du lycée en page 3




Les gagnantes sont :

Fanny et Lauren !!!!

# Online seit Samstag, 15. März, 2008 um 14:45

Geändert am Samstag, 29. März, 2008 um 11:23