Suis-je un simple Aurélien dont la personnalité se résume à quelques qualités, ou est-ce que ces qualités sont en fait des mots que j'ai trouvé simplement pour me rassurer, uniquement dans le but de pouvoir dire que je suis quelqu'un ?
Non, on ne peut pas dire que je suis intéressant, puisqu'en cette minute qui, quoi qu'il en soit fait partie de ma vie, je ne pense pas grand chose, à part que tout est pensable. Je ne peux plus dire que je suis beau, étant donné que je distingue sur une vitre arrosé par des gouttes de pluie une silhouette qui me répulse. On ne peut plus dire que je suis lache puisque je sais que je suis également courageux dans nombre de situations ...
Bref, qui suis-je ? Personne, et ça ne me rend pas triste, car cela prouve que Moi sera demain.
"Je est un autre" (Sartre, je crois)
La question que je me pose, c'est qu'est-ce que je veux devenir ? Et là encore, je ne sais pas. La première chose qui me vient à l'esprit, c'est "psychologue dans les prisons", une pensée qui m'effraie car elle me montre que je suis contaminé par une société qui veut à tout prix mettre la profession au centre de l'humanité alors que je me suis toujours promis d'être conduit par l'amour.
Bien sur, cette profession a un lien fort avec l'amour que j'ai pour les hommes, mais je regrette que ce soit le premier moyen qui me vienne en tête ... Cet article n'a pas le moindre sens et pas la moindre hiérarchie, mais peu importe, ce soir, je veux laisser les idées circuler librement.
Alors, puisque c'est la première chose à laquelle j'ai pensé, pensons-y ! Pourquoi avoir choisi cette profession ? Est-ce parce que, comme beaucoup de détenus, j'ai une relation tumultueuse avec un père ? Est-ce par simple idéal, c'est à dire par mon dégout de la Justice qui diabolise les criminels et les délinquants (diabolise dans le sens "les fait devenir mauvais" et non pas seulement "les fait paraitre mauvais") ? Est-ce pour autre chose, qui m'échappe, ou que je n'ai pas la force de révéler alors que je m'étais promis de le faire ?
Les révélations ... Ca aussi c'est une chose terrible. Pendant longtemps je me suis caché derrière une antipatie
vis à vis de ce que j'appellai "le manque de pudeur", jusqu'au moment où récemment, j'ai décidé de ne plus avoir peur de mon Histoire, en me disant que ceux que ça choque ou ceux que ça énervent, n'auront qu'à fermer la fenêtre ... Seulement, je me rend compte que je me heurte à un autre problème : la peur de ma propre histoire et la crainte du regard d'autrui par rapport à l'image qu'ils ont de moi et qui pourraient être brisée. C'est quelque chose de très difficile et de très frustrant d'écrire un article personnel sur un blog : on ne ressent pas la frustration de ne pas être lu et d'être enfermé comme lorsqu'on écrit un journal qui l'on cache dans son placard, mais par contre, on est confronté à un manque de liberté imposé par soi même, la peur d'effacer les mystères. On hésite entre le besoin de mesurer son image et celui d'affirmer son être.
J'hésite même à continuer cet article qui en plus, est parti dans une direction complètement différente de ce que j'avais prévu.
Continuons encore un peu. Qui suis-je ? Je crois que je suis plusieurs personnes ; il y'a une partie de moi, celle qui a très longtemps dominé, qui me tue. Je ne veux pas dire qui me rend tristre, mais vraiment qui me rend mort, inexistant dans le concret. Cette façade a été présente en moi dans les quatres premières années du collège, période pendant laquelle je me suis tue, période pendant laquelle je n'étais qu'un corps dont l'âme était loin même si elle était quelque part. Aujourd'hui, cette façade peut ressurgir dans certains contextes, comme par exemple certaines réunions de famille, probablement par une sorte d'habitude. L'autre partie de moi est extrêmement libre, limite extravertie. Contrairement à la première, elle dénie plus les autres que moi même. Lorsqu'elle agit, je suis quelqu'un de charismatique, quelqu'un qui aime être vu et qui se nourrit de l'amour des autres. Bien sur, je schématise beaucoup, car dans la réalité, je suis toujours relativement équilibré, mais je ressens bien que j'ai toujours besoin de veiller à cet équilibre, à ne pas tomber dans l'extremisme.
J'ai très mal expliqué, mais je crois moi avoir saisi cette première petite réponse à la question. Je pense que je suis à la fois personne et quelques uns.
Je ne trouverai le reste plus tard, car une autre question me vient en tête : Qu'est-ce que je veux être ? C'est une question à laquelle il est IMPOSSIBLE de répondre, et malgré cela, il faut y répondre car dans ma période, dans notre société (qui a ses avantages et ses inconvénients), nous devons choisir notre destin pendant l'adolescence, c'est à dire pendant un transition très troublée et instable. Alors, il y'a même pas un an, j'envisageai de m'engager plus ou moins dans la politique. Seulement après y avoir réfléchi, je crois que ce n'est pas une vocation qui me convient ; il faut être quelque part hypocrite pour y accéder on dirait, et je refuse de le devenir. Et puis, surtout, je n'aime pas du tout la couleur que prend la politique aujourd'hui. Je me rappelle par exemple du fameux "débat" Sarko/Ségo qui ressemblait plus à un duel de mots plutôt qu'à une vraie discution claire et constructive. C'est un des éléments qui m'a convaincu de détourner mon regard de cette voie là. Après bien sûr, il y'a quand même des personnalités sincères, mais globalement, je crois que la politique est un domaine superficiel et, en plus, je ne crois pas avoir les qualités requises, même si, avec du travail, je pourrais les acquérir ou les endurcir. Mais je ne veux pas avoir une passion qui m'aliene.
J'ai en ce moment l'idée de pratiquer l'Art. Bien sur, je veux, mais ça, ce n'est pas nouveau, utiliser l'écriture pour m'exprimer ; d'ailleurs, c'est ce que je fais en ce moment. Mais je me demande aussi si je ne pourrai pas devenir comédien, dans des petits théatres ... C'est une idée. On verra si elle se concrétise. Qu'est-ce qui m'attire dans cette branche ? C'est que pour moi, l'art c'est vraiment la vie, et je pense que les artistes sont les maitres du monde, je suis persuadé que c'est l'art avant tout qui fait avancer le monde. C'est une des rares choses, avec l'amour et la politique, qui est capable d'englober tous les thèmes de la vie, tous. Bien sûr, aujourd'hui, les véritables artistes sont très rares. Je pense qu' Hollywood, même s'il produit de grands films, détériore un peu le sens de l'Art en le mettant dans une relation malsaine avec l'argent. Pour être clair, il y'a des acteurs, des chanteurs et des peintres qui ne sont pas des artistes, mais des hommes d'affaires qui rêvent de popularité et d'enrichissement. Cela dit, il ne faut pas non plus séparer les deux camps d'une façon manichéenne, parce que beaucoup de véritables artistes profitent de leurs situations pour s'enrichir, et inversement, certains acteurs hollywoodiens font un réel travail, comme Dicaprio et son futur film sur le réchauffement climatique.
"La Réalité, c'est la littérature" (Marcel Proust)
Sinon, j'envisage aussi de me consacrer aux autres, j'aimerais faire de l'humanitaire dans une association sérieuse. Pour le moment d'ailleurs, je suis dans une association où je m'occupe d'un enfant soumis aux inégalités de faits, et pour le moment, c'est aussi difficile qu'enrichissant. Je suis heureux de trouver le bonheur dans celui des autres, fier de voir que mon plus grand atout est ma générosité, même si (et heureusement) je pense aussi à moi.
Bref, pour moi il y'a trois grands thèmes qui peuvent réellement changer la vie : l'amour, l'art et la politique.
Et bien sur, les trois sont liés.
Cette petite réflexion nocturne m'éclaire beaucoup, maintenant je sais que je ne suis pas dans le vide, je ne sais pas où aller, alors je vais partout, et c'est surement le meilleur moyen de trouver. En tous les cas, moi, Aurélien, je décide de devenir maître de mon destin.
Bon, je crois que je vais laisser cet article, puisque comme je l'ai dit, je décide de ne plus avoir peur de moi, et qu'en plus, je crois que vu la longueur du texte, cet article ne sera lu que par ceux que ça intéresse.
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